Posts de Frederique Game

High-Line, une réhabilitation ludique et intelligente…

La première chose que j’ai faite en arrivant à Manhattan, a été de chausser mes baskets et de filer droit vers la baie de l’Hudson, à l’Ouest de l’île.

hudson-river-new-york
Hudson, New-York, High-Line

En guise d’accueil, un porte-avion est amarré et c’est un monstre impressionnant qui vous salue. On plonge dors-et-déjà dans l’immensité des éléments ici. Massif, grand, impressionnant.

Porte-avion 

Mais ce qui m’intéressait plutôt, c’était de pouvoir suivre cette ancienne voie de chemin de fer qui a été réhabilitée pour en faire une promenade vraiment plaisante et qu’on appelle la High-Line.

Flâner et glisser entre les buildings, profiter de points de vue cachés, c’est insolite et provoque une experience incontournable pour celles et ceux qui apprécient ces initiatives intelligentes de réhabilitation. L’architecture est très bien pensée et les paysagistes et concepteurs du site nous offrent tout un tas de variété de plants et fleurs, pour le bonheur des yeux.

Cette High-Line m’a fait penser à notre coulée verte à Paris.

À découvrir !

Le site est tout joli et clair

Prochaine étape ce matin : Brooklyn !

Les femmes ne peuvent pas devenir peintres…

Paula Modersohn-Becker, l’une des peintres d’excellence du siècle dernier a fait l’objet d’une rétrospective en août dernier au MAM de Paris.

Figure majeure de l’art moderne, elle peint différemment du reste de ses contemporains et n’accepte aucun conseil.
Une femme de caractère, souvent méconnue du grand public.

Elle cultivera une forte impression et un autre regard sur le monde, car elle n’écoute que son intuition.

Son travail annoncera l’expressionnisme voire le cubisme alors que les toiles de l’artiste n’auront jamais été exposées de son vivant.

Le film qui lui est consacré sortira en mars 2017

À nos agendas !

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=237856.html

Trouver l’équilibre de sa vie [d’artiste]

L’automne.

Une phase de tri et de rangement s’amorce, telles des feuilles qui tombent doucement les unes après les autres, mes propres attachements se détachent et glissent sur le sol. Attachements à des choses futiles, ça va donc dans le bon sens, qu’on se rassure. Mais à force de se coller un tas d’illusions, de croire que tel truc est comme ça ou qu’en faisant cela, on arrivera à cela, on se coupe de son propre chemin plus subtile et bienveillant.
L’automne dégagerait-il un peu l’horizon ?

Le laisser-faire, le lâcher-prise. Tout un programme. Sauf que les artistes n’aiment pas trop le mot programme. Je viens de redécouvrir des photos de mon premier atelier, lorsque je suis arrivée à Poitiers.

À l’époque, et après plus de 20 années parisiennes, j’ai investi un espace très personnel dans lequel j’ai « accouché » de plusieurs réalisations et créations enfouies et qui ne demandaient qu’à éclore.
Tant sur le plan de la peinture que de la création textile ou de bijoux. Ce fut une période fructueuse et solitaire. Un besoin. Puis, après quelques mois d’intense investissement personnel, je me suis rendue compte que cette voie me coupait du monde. Surtout du monde du design et du graphisme que j’aimais tout autant. Aussi, peu à peu, j’ai lâché l’atelier pour revenir à la conception web. Et repris là où je m’étais arrêtée.

Quatre années viennent de s’écouler depuis la résiliation du bail de l’atelier. Le web me fait vivre (il faut aussi trier, tellement là aussi l’espace est vaste et l’on peut s’y perdre) mais il manque une part de moi qui n’est pas satisfaite. 

Entière et fonceuse, je ne fais jamais les choses à moitié et donc, ne me consacre qu’à une seule chose à la fois. Laissant peu de place au reste.

Donc forcément, à un moment donné, la frustration s’installe, le manque se fait sentir. Je me sens incomplète. Depuis quelques jours, je comprends qu’il est nécessaire de retrouver un équilibre entre toutes ces forces. De retrouver ce moment que j’avais créé en arrivant à Poitiers. Même si cela peut se faire dans de nouvelles conditions et sans atelier.
Car j’aime l’art. La création. Le processus de recherche et de réalisation. C’est en moi.

On m’a transmis des passions : parents, cousins, amis… j’ai baigné dans la création, elle est devenue comme une peau. Alors pour retrouver un peu de cohérence, pour ma part, rien de tel que tout mettre à plat devant soi.
C’est un processus en cours et qui ne cessera jamais, je suis bien consciente que ces questionnements trouvent rarement de vraies réponses, l’histoire de l’art regorge d’exemples. Et puis combien de fois, cette sensation « ah, ça y est ! Je sais ce que je veux faire ».

Explorer puis, rassasiée, se détourner.

Je crois saisir que c’est le processus même de création qui se renouvelle, qui doute, qui se confronte, pour patiner son intention. Peut-être faut-il accepter qu’explorer c’est déjà créer.

Dans le tri, il y aura souvent des questions de « je continue ça ou pas ? ». Hier, en rangeant des stocks de perles sublimes au demeurant, je me suis demandée si j’avais envie de continuer à réaliser des bijoux.
C’est peut-être idiot mais si je réalise des bijoux, je ne ma consacre plus à la peinture.
Si je peins, je ne fais pas de photo.
Si je ne fais pas de photo, je dessine. Si je ne dessine pas, je…

Et tout cela, bien sur, avec une vie de graphiste, designer et consultante web…

Et maman, mais cette vie-là prend très peu de temps [ah ?!].

Est-ce un peu ça aussi la vie d’artiste : des vies dans une vie ? Peut-être que la réponse n’est pas plus dans la quantité de choses mais dans leur qualité ?
La qualité nécessite du temps. Rechercher alors à faire du temps, mon allier. Donc cultiver la patience.

De respirer longtemps, puis faire autre chose afin de laisser surgir en moi la ou les réponses à cette question : ai-je vraiment envie ? Et de quoi ai-je vraiment envie ? Et juste y répondre dans l’instant. Est-ce ça, finalement ?

Je crois que c’est une question que je ne me suis jamais posée.

EQUILIBRIUM, j’arrive !

Avant ce jour, je n’aurai jamais écrit un tel article, tant que le site n’était pas terminé, tant que ça ou ça n’était pas parfait.

Et bien voila, nous y sommes. Je suis comme ça. Là, maintenant.
En quête d’équilibre et de réponses à ma question initiale. Celle qui me semble importante.

à suivre…

Quel est le rôle de l’artiste ? En tous cas, du mien ?

Le monde est chaotique. Les armes se vendent comme des iphones. Les iphones prévalent à la communication.

La communication se fait codée et passe par des réseaux connectés.

Le monde est chaotique et pourtant, la poésie, l’amour, la tendresse ne demandent qu’à émerger.

Je me suis longtemps demandée si le rôle de l’artiste était plutôt de dénoncer les aspects de ce monde chaotique ou plutôt d’en atténuer les effets ?

La colère m’a souvent habitée et j’ai voulu moi aussi dénoncer l’arrogance ou la bassesse.

Puis je me suis dit un jour, mais ne serait-ce pas les alimenter plus encore ? Si tu les retranscris toi aussi, même à travers le prisme de la création ?

Résolument, je me suis alors affichée comme une artiste de la lumière et de la couleur.

Ou au moins du contraste s’il y a besoin du noir pour exister… et mettre en valeur.

Chaque artiste fera bien ce qu’il voudra (ou pourra). Pour ma part, c’est l’amour qui guide mes œuvres.

Le plus souvent possible (sourire).

J’essaie en tous cas.

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde »

Nelson Mandela